Le nombre considérable des copropriétés fragiles ou en difficulté tout comme la diversité de leur situation (de la petite copropriété ancienne située en centre-ville au grand ensemble moderne situé en zone péri-urbaine) constituent depuis plusieurs décennies un véritable enjeu urbain et social assez bien identifié par les politiques publiques.
Aujourd'hui, la problématique se complexifie :


- le montant des charges a nettement augmenté ces dernières années, tendance qui va se poursuivre, notamment avec la hausse du coût de l'énergie,
- le parc privé nécessite la réalisation régulière d'importants travaux devant maintenant embarquer un volet énergétique, en outre les évènements climatiques sollicitent plus en plus fortement les bâtis,
- d'autre part, une partie des propriétaires subit un phénomène de paupérisation, alors même que certains ont contracté un prêt sur le long terme pour acquérir leur bien.

Plus la dynamique de désorganisation et de dégradation de la copropriété est avancée, plus elle est lourde à inverser, avec notamment la présence des marchands de sommeil qui s'avèrent parfois compter parmi les rares personnes à y investir.

Des outils d'intervention très pointus destinés à favoriser le redressement et de la réhabilitation des copropriétés fragiles sont déployés dans le cadre des dispositifs d'accompagnement type OPAH copropriétés fragiles, POPAC ou plan de sauvegarde :
- les subventions pour les travaux,
- les aides à la gestion pour la mise œuvre d'un plan de redressement pérenne,
- la mise sous administration provisoire par le TGI de syndicats défaillants,
- le portage financier et la cession d'équipements communs,
- les financements ANRU, etc...

Ces dispositifs sont engagés par l'Anah et les communes, tandis que leur animation est généralement confiée aux opérateurs comme SOLIHA qui apporte au cas par cas une véritable expertise pluridisciplinaire. Au sein de ce réseau, SOLIHA 75-92-95 bénéficie d'une longue expérience du traitement de ces copropriétés avec par exemple l'animation à Paris de l'Opération d'amélioration de l'habitat dégradée (OAHD) ou encore du plan de sauvegarde de la Ciseraie à Villiers-Le-Bel dans le Val d'Oise. La bonne mise en synergie de ces outils s'appuie également sur une approche globale du traitement de leurs besoins et l'étroit partenariat des acteurs impliqués autour du projet, telles que l'Agence nationale de l'amélioration de l'habitat, les collectivités, les bailleurs sociaux et Action Logement.

Lancé le 10 octobre par le gouvernement, le plan "Initiatives Copropriétés" prévoit maintenant d'accélerer le traitement des copropriétés les plus en difficultés sur les dix prochaines années (2019-2029). 684 copropriétés sont concernées. Parmi celles-ci, 14 sites sont définis comme priorité nationale et 128 copropriétés en très mauvais état seront particulièrement soutenues. En Île-de-France, ils se siutent dans les communes d'Aulnay-sous-Bois, Clichy-sous-Bois, Epinay-sur-Seine, Evry, Grigny, Mantes la Jolie, Sevran et Villepinte.

Outre la mobilisation de moyens financiers conséquents apportés par l'Anah et l'Anru principalement, il met en avant l'élaboration de stratégies d'intervention sur mesure par les acteurs locaux en lien avec ces agences d'état. Une société de portage foncier sera également créée en vue de la démolition-reconstruction complète des immeubles les plus dégradés.

Pour en savoir plus : lire l'article du Monde Un plan de 3 milliards d'euros pour aider les copropriétés à la dérive